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Not quite sun, not quite the moon



Segunda-feira, 12.08.13

Ici, là-bas

[Fotografia de TR]


«Chère Madame T.,


Je vous emmène en mer de Chine pour quelques esquisses philippines. Je vais voir des visages comme toujours, des têtes ifugaos, bontocs ou ilongos. Il y a plus de sept mille îles sur deux mille kilomètres de long. Je ne vous parlerai que de la plus grande, Luzon. Pour le reste il faudra beaucoup de vies.
[...]
Cinq heures du matin, je file sans vous sur le railway track. C’est le plus grand manège du monde, mais ce n’est pas un train fantôme. Au milieu de Manille, il est une vie entre les rails avec des hommes et des femmes, des enfants, des commerces collés entre le grillage de la rue et le souffle du train. Tout cela est filmable avec beaucoup de prudence suivant les quartiers, mais comment vous l’écrire, madame, comment être suffisamment éloquent, suffisamment juste.
Ici il n’est point besoin d’inventer une histoire, de repeindre la réalité.
[...]
Sur de l’herbe brûlée, à même le sol, un père dort avec ses deux jeunes enfants. Ils sont paisibles comme le Dormeur du val mais sans trou rouge au côté droit. Le jour se lève comme un voile tendre et la lumière irise les trois visages. Ce que je filme est beau et cette beauté rend la scène terrible. Un peu plus loin, une femme lave du linge en tentant de réveiller du pied une masse inerte.»

 

[Bernard Giraudeau, Cher amour, Éditions Métailié]

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por T.


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por Tânia Raposo


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